Renaître par le mouvement : l’éveil du corps à la nature

16 septembre 2019

Séjournant quelques jours au Nouveau-Mexique afin de poursuivre la dernière étape certifiante d’une formation en « mouvement naturel » – MovNat Level 3 – j’observe de ma terrasse le flamboiement d’un ciel crépusculaire, dont les teintes bleutées estompent les ardeurs. Alors que le silence règne et que la nuit tombée exhibe dans une symphonie de lumières ses constellations, l’ivresse de l’instant me rappelle la grandeur de ce qui nous précède, et nous surpasse. Je devine alors secrètement que ma place, celle dont j’ai tant cherché l’ancrage, ne saurait se trouver autre part qu’en des lieux de contemplation et de sérénité.

L’exploration des territoires intérieurs par le monde extérieur

Si ce stage revêt un caractère initiatique, sa vocation est de me guider à travers une quête personnelle de prime abord, qui pourtant mériterait d’être universelle. Je parle ici de « re-connection » avec son corps, autant qu’avec la nature – prendre ainsi conscience de nos habilités physiques, et en cultiver l’essence comme la richesse et la variabilité. Pour souligner l’intention première de l’approche MovNat, il s’agit avant tout d’être adapté au monde réel et d’être rendu plus fort par son environnement ; que ce soit pour survivre, améliorer ses performances, rester en santé ou tout simplement être heureux. Et comme nous l’aura si bien exprimé Erwan Le Corre – fondateur du système éducatif MovNat – l’acquisition et le développement des compétences physiques ne sont pas optionnels ni négociables. Là réside une des clefs essentielles à notre épanouissement en tant qu’individu.

De l’inadéquation entre ce à quoi nous prédestine notre génétique et la manière dont nous évoluons au sein de la société moderne, découle une série de maux et de pathologies auxquels de fausses solutions, souvent temporaires et inappropriées, sont apportées. Mais l’objectif de cet article n’est en aucun cas d’adopter une posture moraliste, ni-même de revenir sur des fondamentaux liés à l’évolution de notre espèce. Le rôle que j’assume est tout autre et relève ici davantage de l’émotion.

L’hymne nocturne battant son plein, si l’éther invoque l’immensité et qu’il dessine un infini, ses vertus pénètrent en mon cœur avec véhémence, et mes yeux rivés quant à eux vers les hauteurs semblent m’indiquer la voie – d’une alchimie des sens, émerge alors l’inspiration, telle une vague déchaînée faisant rage pour balayer l’obscurité. Lointaine, et proche à la fois, serait-ce une étoile sur mon chemin ? Brillante comme une larme, radieuse comme la grâce.

Lire l’existence tel un poème, et rimer avec l’univers

Jour après jour, l’engagement devient plus intense. Moi qui pensais braver les obstacles à l’aide de ma force et de mon agilité ; j’étais loin de me douter qu’une rencontre d’un autre type aurait lieu. Physiquement, le corps s’éreinte mais se renforce par la même occasion ; tandis que l’esprit navigue vers d’inconnus rivages dont je ne faisais jusqu’ici qu’entrevoir une écume éparse. Au cœur de toute passion animant les Hommes, surgit la vitalité des éléments naturels.
Si l’âme est un océan de mystères, qu’y-a-t-il donc en ses confins ? Pour y répondre, je m’efforce d’avancer en flirtant avec les limites de l’endurance via les courses de trail de longue distance, voire en côtoyant la dualité des sports de combat. Pourquoi irais-je courir des centaines de kilomètres, si ce n’est pour révéler ce qui m’habite en profondeur ? Me sentir en vie et en pleine conscience lorsqu’en courant sur les sentiers, j’écoute les chuchotements de notre Terre en mouvement. Ou encore accueillir la crainte et l’excitation, lorsque j’enfile des gants de boxe.

Aboutir à la connaissance de soi comme l’expose le zen ; parvenir à bout de son égo selon la voie soufie – je n’y vois qu’une issue véritable : renaître. Certains s’abandonnent à la méditation, d’autres voyagent vers des terres étrangères, quand quelques-uns se servent de l’efficience du corps pour culminer vers leur sommet intérieur. Et si finalement, le choix du sentier emprunté ne faisait aucune différence, que ces différentes trajectoires étaient reliées les unes aux autres. Tout cheminement est un fleuve dont il faut savoir suivre le courant. L’Unité, voici la destination où nous mène le présent texte, ce lieu commun – mais souvent insaisissable – où nous terminons notre route. Libre à chacun d’en interpréter le sens, et d’entreprendre son propre dessein, en quête de l’inestimable trésor : la plume de notre vie, aussi fragile qu’indélébile, que l’on manie pour encrer les chapitres de notre histoire.

Le dernier jour en immersion symbolise un retour authentique à la nature, par une mise en pratique de ses acquis. Progressant en groupe dans un canyon sous la pluie diluvienne ; vêtus d’un simple short, nous testons nos aptitudes physiques. Dans l’inconfort le plus total, repoussés dans nos limites, la résilience nous est promise, avant de rejoindre le cycle éternel de la vie dont l’équilibre est régi par un inéluctable mouvement.

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