L’Inde, ce pays où se côtoient l’immonde et le merveilleux, dans un seul et même tourbillon de saveurs et de couleurs. Et pourtant, quelle ivresse, cette frénésie du voyage et de l’inconnu !  Déambulant dans les rues grouillantes, je connais l’effervescence des villes chaotiques, une poésie sombre et lumineuse  où parfois, le bonheur s’esquisse dans la simplicité d’un sourire. Les trains me bercent de part et d’autre du Rajasthan, jusqu’au désert du Thar – là où la main de l’homme est symbole d’amitié.

En cette palpitante errance, ô combien suis-je ahuri lorsqu’à Varanasi (Bénarès), observant quelques ablutions dans les eaux du Gange, je me délecte d’un sentiment étrange en ces lieux spirituels et funéraires. Puis, sans crier gare, un passant me tend la main pour m’inviter au feu crématoire.

Depuis ce jour, jamais ma flamme ne s’est éteinte.