La Réunion, une île perdue dans l’océan indien, un temps d’ivresse dont je m’abreuve des terres volcaniques jusqu’au ciel de feu. Parcourant des sentiers escarpés entaillant la roche au corps des montagnes, je rêve soudain de lumière pour que les éléments se révèlent dans leurs traits les plus bruts.
 Parfois, la rudesse du terrain et des conditions défient le corps, mais toujours et sans conteste, la beauté des lieux perdure dans le regard, ainsi que dans les abysses de la mémoire.
Au travers des cirques naturels de Salazie, de Cilaos et enfin de Mafate, les symphonies éparses de leur âme sauvage m’envoûtent autant que les parfums d’une végétation luxuriante m’embaument. Frappé par tant de contrastes, je pénètre dans les forêts verdoyantes, serpente le long de parois abruptes puis flâne au bord des cratères des Pitons ; le cœur étreint, l’esprit serein.
 S’il m’arrive d’égarer volontairement quelques tourments dans l’alcôve secrète d’un îlet, c’est au sommet du Maido que l’aube fait flamboyer le soleil par-delà les cimes, telle une torche levée dans l’olympe. Plus tard, il me faut rejoindre les étendues maritimes et côtières ; c’est alors qu’un sel de mer me délivre du charme.